Installer des panneaux solaires ne signifie pas forcément vendre toute sa production. Pour un particulier, le modèle le plus courant consiste à consommer une partie de l’électricité produite et à vendre le surplus. Mais ce choix doit être fait avant le raccordement, car il influence les démarches, le contrat EDF OA et la rentabilité sur 20 ans.
Le bon modèle dépend de vos usages. Une maison occupée en journée, équipée d’une piscine ou d’une climatisation, peut autoconsommer une part importante de sa production. Une résidence peu occupée en journée génère plus de surplus et doit être dimensionnée avec prudence.
3 questions pour identifier votre modèle
- Êtes-vous présent en journée ? Oui → autoconsommation forte. Non → surplus important.
- Avez-vous des usages “déplaçables” sur les heures solaires ? (lave-vaisselle, ballon thermo, chauffe-eau, voiture électrique). Plus la réponse est oui, plus l’autoconsommation grimpe.
- Voulez-vous garantir un revenu sur 20 ans ? Oui → privilégier la vente du surplus avec contrat EDF OA. Non → vous pouvez rester en autoconsommation totale.
Autoconsommation avec vente du surplus
Dans ce modèle, l’électricité solaire alimente d’abord la maison. Ce qui n’est pas consommé instantanément est injecté sur le réseau et vendu dans le cadre de l’obligation d’achat (contrat EDF OA Solaire signé pour 20 ans).
C’est l’équilibre le plus lisible : vous réduisez votre facture immédiate et vous valorisez l’excédent à un tarif fixé. Concrètement, sur une installation 6 kWc en PACA produisant environ 9 000 kWh/an avec un taux d’autoconsommation de 60 %, vous évitez 5 400 kWh d’achat sur le réseau et vous vendez 3 600 kWh de surplus. Ce sont les deux flux qu’un devis sérieux doit chiffrer séparément.
Le tarif d’achat évolue toutefois selon les textes et la date de demande de raccordement. Il ne faut donc pas construire toute la rentabilité sur un montant figé : le tarif est verrouillé pour 20 ans à la signature, mais c’est la signature qui détermine le tarif, pas la date du devis.
Autoconsommation totale
L’autoconsommation totale vise à consommer toute la production sur place, sans vente. Elle peut convenir à des usages très réguliers en journée (commerce, bureau partagé, atelier), mais demande un dimensionnement précis. Si l’installation produit souvent plus que les besoins, la production excédentaire est bridée par l’onduleur et perdue.
Ce modèle simplifie les démarches (pas de contrat EDF OA, pas de comptage de l’injection) mais il vous prive de la prime à l’autoconsommation et de la valorisation du surplus.
Vente totale : un modèle de niche en résidentiel
La vente totale consiste à injecter toute la production sur le réseau. Elle reste possible jusqu’à 9 kWc mais le tarif d’achat est généralement moins favorable que le mix autoconsommation + surplus. Elle se justifie surtout sur des projets dédiés (toiture agricole, installation déconnectée des consommations) ou pour des puissances supérieures soumises à appels d’offres.
Cas concret en PACA
Sur la villa familiale à Cimiez, le choix de l’autoconsommation avec vente du surplus s’est imposé naturellement : présence en journée, piscine, climatisation réversible. Le taux d’autoconsommation visé était de 70 %, atteint dès la première année. Le contrat EDF OA garantit la valorisation du tiers restant à un tarif connu jusqu’en 2046.
Batterie : seulement si le surplus existe
Une batterie ne crée pas de production supplémentaire. Elle déplace une partie de l’énergie produite à midi vers le soir. Elle devient intéressante si vous avez un surplus régulier, des consommations en soirée ou un véhicule électrique. Sans surplus suffisant, elle ajoute du coût sans bénéfice proportionné. Voir notre analyse dédiée : batterie solaire, quand est-elle vraiment utile ?.
Source officielle
Service-Public détaille les obligations selon l’usage de l’électricité produite : produire, consommer et vendre le surplus.
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